Entretien
Mathieu Brunet
Dirigeant Finéo Conseil
Il y a des gens qui ne veulent plus travailler de chez eux, mais qui ne sont pas prêts non plus à s’engager sur des surfaces importantes ou des coûts fixes élevés.
Vous accompagnez de nombreux dirigeants et créateurs d’entreprise. Quels profils rencontrez-vous face à la question du bureau ?
Ce que je vois au quotidien, notamment sur les projets que j’accompagne, ce sont plusieurs profils très différents. D’un côté, des créateurs d’entreprise, avec des structures très légères. De l’autre, des profils plus structurés, souvent des professions libérales ou des activités qui ont une bonne visibilité économique. Leurs besoins ne sont pas les mêmes et les réponses qu’ils y apportent non plus.
Commençons par les créateurs d’entreprise. Comment abordent-ils le sujet du bureau ?
Ce sont souvent des gens qui démarrent seuls ou à deux, sur des bases très légères. Ils cherchent avant tout à limiter les coûts et à garder de la flexibilité. Certains restent chez eux, parce que ça les rassure financièrement. D’autres veulent un lieu, mais sans prendre de risque : ils vont donc se tourner vers la location, souvent sur des formats souples. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est qu’il existe clairement un besoin intermédiaire. Il y a des gens qui ne veulent plus travailler de chez eux, mais qui ne sont pas prêts non plus à s’engager sur des surfaces importantes ou des coûts fixes élevés. Et c’est là que des offres plus flexibles prennent tout leur sens.
Et les structures plus établies, ont-elles la même approche du bureau ?
Pas tout à fait. Ces profils-là continuent d’acheter, parfois sur des surfaces importantes, avec une logique plus patrimoniale ou d’image. Mais même chez eux, on voit apparaître des évolutions, avec par exemple l’intégration de bureaux à louer dans leurs propres espaces, souvent avec des services inclus.
Ces évolutions se lisent-elles aussi dans l’aménagement des bureaux ?
Oui, la manière dont les bureaux sont pensés change elle aussi. On reste sur des fondamentaux assez français : le bureau de direction existe toujours. Mais à côté, les espaces évoluent. Il y a de moins en moins de postes fixes et davantage de flexibilité dans les usages. On voit apparaître des espaces communs, des salles de réunion plus centrales, des zones pour téléphoner, des espaces un peu plus informels pour recevoir des clients. On sent que le bureau devient un lieu plus hybride, moins figé.
Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui les dirigeants vers des bureaux avec services ?
Il y a un vrai sujet autour de leur temps. Ils n’ont pas envie de gérer l’électricité, Internet, les prestataires, tous ces petits sujets du quotidien qui les éloignent de leur métier. Donc forcément, les modèles qui simplifient la vie, qui apportent du service et qui proposent en plus un cadre de travail agréable répondent à une attente réelle. C’est pourquoi il me semble pertinent de mettre ces évolutions en perspective : elles montrent que l’on est sur un marché en train de bouger, même à l’échelle d’un territoire comme Saint-Étienne.
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