Qu'est-ce que le coliving ? Définition, contrat et prix

Qu'est-ce que le coliving ? Définition, contrat et prix

Publié le 3 septembre 2026

11 min de lecture

Le coliving n'a pas de définition légale en France, et il n'en aura pas. Le 27 janvier 2026, le ministère du Logement a répondu à un député qui réclamait un statut propre : il n'apparaît pas nécessaire d'en créer un. La même réponse contient une précision que presque personne ne reprend - dès qu'un bail en coliving dépasse huit mois, la loi du 6 juillet 1989 s'applique, encadrement des loyers compris.

Autrement dit : derrière le mot, il y a des contrats ordinaires, avec des règles ordinaires. Ce qui change, c'est ce qu'on achète.

WIDE exploite trois campus de bureaux opérés à Saint-Étienne et Andrézieux-Bouthéon. Le coliving n'est pas encore notre métier : c'est un sujet que nous étudions, parce que nos entreprises résidentes ont régulièrement quelqu'un à loger. Cet article rassemble ce que nous avons vérifié.

Le coliving en une phrase

Un logement meublé où chacun dispose d'un espace privatif fermé, partage des espaces communs équipés, et paie chaque mois une somme unique couvrant le loyer, les charges, l'internet et un ensemble de services. Un opérateur unique gère l'immeuble, les entrées, les sorties et l'entretien.

Ce n'est ni une colocation, ni un appart-hôtel, même si le modèle emprunte aux deux.


Colocation

Coliving

Appart-hôtel

Espace privé

Une chambre

Chambre avec salle de bains privative, souvent un studio

Un studio complet

Communs

Cuisine et salon partagés

Cuisine, salon, souvent sport, coworking, terrasse

Quasi inexistants

Gestion

Entre colocataires ou par le propriétaire

Opérateur professionnel

Exploitant hôtelier

Facture

Loyer, puis chaque abonnement séparément

Une seule, tout compris

Une seule, à la nuitée ou au mois

Durée type

Un an, souvent plus

D'un à dix mois

Quelques nuits à quelques mois


Ce que dit la loi : pas de statut, mais des règles bien réelles

C'est le point le plus mal traité sur le web francophone, et c'est celui qui engage le plus.

Le bail mobilité, le contrat le plus courant

Créé par la loi ELAN et codifié aux articles 25-12 à 25-18 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le bail mobilité porte sur un logement meublé. Ses règles :

  • Durée d'un à dix mois, ni renouvelable ni reconductible. Elle peut être modifiée une seule fois par avenant, sans dépasser dix mois au total.

  • Aucun dépôt de garantie. C'est une interdiction d'ordre public : toute clause contraire est nulle. Le bailleur peut en revanche demander un garant, y compris via la garantie Visale d'Action Logement.

  • Un mois de préavis pour le locataire, à tout moment, sans motif.

  • Un public défini, à justifier à la signature : études supérieures, formation professionnelle, apprentissage, stage, engagement de service civique, mutation professionnelle ou mission temporaire.

Cette dernière liste mérite d'être lue deux fois. Le bail mobilité n'a pas été écrit pour les touristes ni pour les curieux : il a été écrit pour des gens qui bougent parce que leur travail ou leurs études les déplacent. C'est exactement le public que le coliving cible.

Au-delà de huit mois, retour au droit commun

La réponse du ministère du Logement publiée le 27 janvier 2026, à la question écrite n° 8053 du député Iñaki Echaniz, pose deux principes. D'abord, dès lors que le logement constitue la résidence principale du locataire, la loi du 6 juillet 1989 s'applique : elle est d'ordre public, personne n'y échappe par contrat. Ensuite, et c'est la phrase à retenir : « dès lors qu'un bail en coliving excède la durée de huit mois, il y a lieu de considérer que la loi du 6 juillet 1989 s'applique, de même que l'encadrement du niveau des loyers ».

Les services non individualisés (ménage, conciergerie, linge) relèvent quant à eux des articles L. 631-13 et D. 631-27 du Code de la construction et de l'habitation.

Conséquence pratique pour qui s'apprête à signer : demandez à l'opérateur le type exact de contrat, sa durée et ce qui se passe au-delà. Un « abonnement » n'est pas une catégorie juridique. Derrière, il y a soit un bail mobilité, soit un bail meublé de droit commun, et les deux n'ouvrent pas les mêmes droits.

Ce que le coliving met à disposition

Un espace privatif, pas une chambre de colocation

C'est la différence la plus concrète avec la colocation. En coliving, l'espace privé comprend au minimum une chambre avec sa propre salle de bains, souvent une kitchenette, parfois un studio complet. On ne partage pas sa salle de bains.

Des communs qu'on ne s'offrirait pas seul

Cuisine collective équipée, salon, salle de sport, espace de travail, parfois sauna, salle de projection ou rooftop. Selon les opérateurs, ces espaces représentent 7 à 20 % de la surface totale de la résidence - un chiffre relevé par l'Institut Paris Région, qui donne la mesure du compromis : le partage finance des équipements qu'un locataire seul n'atteindrait pas, et il se paie en mètres carrés privés en moins.

Des services, et une seule facture

Électricité, eau, chauffage, internet, mobilier, ménage des parties communes, réception des colis : tout est réuni sur un seul prélèvement mensuel. C'est l'argument central du modèle, et la raison de son prix.

Combien coûte un coliving ?

Les ordres de grandeur, tous services compris :

  • Environ 1 000 € par mois à Paris et en petite couronne, selon l'Institut Paris Région (étude du 23 janvier 2025).

  • De 490 à 730 € par mois à Andrézieux-Bouthéon, chez Colodge, pour douze chambres dont deux suites de 30 m².

  • 20 à 30 % de plus qu'une location classique équivalente, d'après la même étude, dont environ 150 € de forfait de services obligatoire, soit près de 18 % du loyer.

Le coliving n'est donc pas une solution économique. Il coûte plus cher au mètre carré qu'une location nue, et plus cher qu'une colocation. Ce qu'on achète en échange, c'est l'absence de dépôt de garantie, l'absence de mobilier à acheter, l'absence de six abonnements à ouvrir puis à fermer, et une durée courte assumée. Sur un séjour de trois à dix mois, le calcul se retourne souvent.

L'écart entre territoires, lui, est massif : une chambre en coliving dans la Loire revient à peu près à la moitié du prix d'une chambre en petite couronne parisienne.

À qui s'adresse le coliving ?

Les profils qui reviennent dans les résidences françaises :

  • Des jeunes actifs arrivés dans une ville où ils ne connaissent personne.

  • Des étudiants en école supérieure ou en alternance.

  • Des salariés en mission, en mutation ou en période d'essai.

  • Des indépendants et des travailleurs à distance qui cherchent à ne pas travailler seuls chez eux.

Le cas de l'employeur qui doit loger quelqu'un

C'est l'usage le moins documenté, et celui qui nous intéresse directement. Une entreprise qui recrute un cadre venu d'ailleurs, qui accueille un alternant pour une année scolaire ou qui détache quelqu'un six mois sur un site se heurte au même problème : le marché locatif classique demande un an d'engagement, un dépôt de garantie et un dossier, pour un besoin qui durera cinq mois.

La loi a prévu ce cas. « Mutation professionnelle » et « mission temporaire » figurent noir sur blanc parmi les motifs d'éligibilité au bail mobilité. Une entreprise peut donc proposer un logement meublé, sans dépôt de garantie, sur une durée calée sur la mission, et se porter garante. Sur un bassin d'emploi comme celui de Saint-Étienne, où le logement reste l'un des premiers freins au recrutement extérieur, l'argument pèse.

Les limites du modèle, telles qu'elles sont

Un article qui n'en cite aucune n'est pas crédible. Les cinq qui reviennent :

  • Le prix. Le tout compris se paie, et sur deux ans il revient nettement plus cher qu'une location ordinaire.

  • L'intimité. L'espace privé est réel, mais la cuisine, le salon et les équipements sont partagés, avec les allées et venues que cela suppose.

  • Le règlement. Horaires des espaces communs, visites, bruit : la vie collective est encadrée par l'opérateur, pas négociée entre voisins.

  • Le mobilier imposé. On n'aménage pas son logement, on l'occupe tel qu'il est livré.

  • La rotation. Des baux courts, ce sont des voisins qui changent tous les quelques mois. C'est ce qui fait l'intérêt du modèle pour certains et son inconfort pour d'autres.

À quoi s'ajoute une fragilité économique qu'il vaut mieux regarder en face. Xerfi recensait 24 000 unités de coliving en France en 2025, trois fois plus qu'en 2021 ; mais les montants investis dans le secteur sont tombés à 34 M€ en 2025, contre 285 M€ un an plus tôt. Un opérateur peut fermer une résidence. Avant de signer, mieux vaut savoir qui exploite le bâtiment, et depuis quand.

Le coliving dans la Loire et autour

L'offre régionale existe, et elle reste petite.

  • Colodge, opérateur lyonnais, est présent à Saint-Étienne, il a transformé l'ancien siège de la SNCF, 2 700 m² dont un tiers en coliving, et à Andrézieux-Bouthéon, avec la Maison Martouret et ses douze chambres. Au 2 septembre 2026, son site affiche six chambres à Saint-Étienne et douze à Andrézieux.

  • The Babel Community a inauguré le 1er juin 2023 sa résidence grenobloise dans l'ancien institut Dolomieu : 6 000 m², 137 appartements, 100 postes de coworking, restaurant en rooftop.

  • Le PIC, ouvert à Clermont-Ferrand en janvier 2026 sur le parc Cataroux de Michelin, associe 18 000 m², 2 000 postes de travail et 97 studios de coliving.

Trois échelles très différentes, une même logique : le logement se rapproche du lieu de travail, et un opérateur unique gère les deux.

Où en est WIDE

Nous exploitons aujourd'hui trois campus de bureaux opérés (Fauriel, Technopôle et Andrézieux-Bouthéon) sur le principe du tout compris : un abonnement, aucun bail commercial, aucune charge à répartir. Le coliving applique au logement la mécanique que nous appliquons au bureau, et la question nous est posée régulièrement par des entreprises résidentes qui ont quelqu'un à installer.

Nous n'exploitons pas encore de résidence, et nous préférons le dire plutôt que d'entretenir le flou. Le travail en cours porte sur trois points : la connexion entre un futur hébergement et nos campus existants ; le contrat, qui devra être un vrai bail mobilité, avec ce que cela implique de durée et de justificatifs ; et le niveau de service, dans la logique hôtelière que nous appliquons déjà à nos bureaux.

Si vous avez un besoin de logement pour une nouvelle recrue ou une mission sur le bassin stéphanois, dites-le-nous : c'est ce qui nous aide à calibrer l'offre. 04 77 50 57 01 - contact@wide.work

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le coliving et la colocation ?

En colocation, l'espace privé se limite le plus souvent à une chambre, la gestion est assurée par les colocataires ou le propriétaire, et chaque abonnement se souscrit séparément. En coliving, l'espace privé comprend au minimum une salle de bains privative, un opérateur professionnel gère la résidence, et une facture unique couvre le loyer, les charges et les services.

Le coliving est-il réglementé en France ?

Il n'existe pas de statut juridique propre au coliving, et le ministère du Logement a indiqué le 27 janvier 2026 qu'il n'entendait pas en créer. Le droit commun s'applique : la loi du 6 juillet 1989 dès que le logement est la résidence principale du locataire, et les articles L. 631-13 et D. 631-27 du Code de la construction et de l'habitation pour les services non individualisés.

Quel bail signe-t-on en coliving ?

Le plus souvent un bail mobilité : un à dix mois, non renouvelable, sans dépôt de garantie, réservé aux personnes en études, formation, stage, service civique, mutation professionnelle ou mission temporaire. Au-delà de huit mois, le contrat relève de la loi du 6 juillet 1989 comme une location meublée classique.

Combien coûte un coliving par mois ?

Environ 1 000 € tout compris à Paris et en petite couronne selon l'Institut Paris Région, contre 490 à 730 € dans la Loire chez un opérateur comme Colodge. Comptez 20 à 30 % de plus qu'une location classique équivalente, forfait de services inclus.

Quels sont les inconvénients du coliving ?

Un coût au mètre carré plus élevé qu'une location ordinaire, une intimité réduite par le partage des espaces communs, un règlement intérieur imposé par l'opérateur, un mobilier qu'on ne choisit pas et une rotation fréquente des résidents. Sur un séjour long, la formule perd son intérêt économique.

Une entreprise peut-elle loger un salarié en coliving ?

Oui. La mutation professionnelle et la mission temporaire font partie des motifs qui ouvrent droit au bail mobilité. L'entreprise peut orienter le salarié vers une résidence, se porter garante ou prendre le logement à sa charge, sur une durée calée sur la mission et sans dépôt de garantie.


Sources : réponse du ministère du Logement à la question écrite AN n° 8053 (question publiée le 1er juillet 2025, réponse le 27 janvier 2026) · loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 25-12 à 25-18 · Code de la construction et de l'habitation, articles L. 631-13 et D. 631-27 · ANIL · Institut Paris Région, étude du 23 janvier 2025 · Xerfi · Business Immo · Le Moniteur · sites Colodge, The Babel Community et Le PIC · Haloscan et relevé des résultats Google France du 2 septembre 2026.

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